La solitude du chercheur d’emploi

Jamais le chercheur d’emploi n’aura été autant assisté et jamais pourtant le sentiment d’être seul aura été aussi envahissant.

L’ANPE pour proposer les jobs, les ASSEDIC pour vous aider à vivre, les assistantes sociales et les CAF pour compléter, le cas échéant…
Matériellement il est un fait, et j’en fais l’expérience tous les jours, la vie de chômeur n’empêche pas de manger à sa faim tous les jours. Non, mon coup de gueule va plutôt à l’encontre de l’évolution de nos sociétés et des quelques choses ici et là que j’ai pu croisé ailleurs dans le monde.

En effet, dans nos sociétés de consommation, l’intérêt du plus grand nombre s’est transformé en un plaisir individuel. On consomme individuel, on pense individuel, on vit de plus en plus en individuel. Tout tourne autour de l’individu. Les sociétés (SARL, …) ravivent d’autant plus cette idée de l’importance de l’individu que l’on n’accepte plus aujourd’hui d’être plus dans la masse. Non, nous ne sommes pas 300 ouvriers à la chaînes, nous sommes 300 individus qui rêvent d’avoir nos plans individualisés de carrières, nous sommes 300 individus en quête d’une reconnaissance de notre propre valeur. Jamais la reconnaissance de l’individu n’aura-t-elle été aussi forte qu’aujourd’hui. Que du bonheur alors !!! Oui et non.

De mon séjour en Chine, une chose m’aura vraiment marqué : l’entraide au sein des familles. Si la société fait preuve d’un égoïsme exacerbé envers ceux qui sont hors de la sphère familiale, il n’en va pas du tout de même vis-à-vis de ceux qui en font partie. « Tu iras loin, mon fils. Et je ferais tout pour » serait une phrase idéale pour illustrer l’état d’esprit, alors que chez nous, la théorie du « tu dois voler de tes propres ailes » fait que l’entraide inter-générationnelle n’existe plus (ce sera un sujet que l’on abordera un autre jour).

Cet individualisme, pour revenir à la sphère de l’entreprise, on le retrouve dans les résultats. « Tu as bien vendu, voilà ta prime. Tu es mauvais, dégage !!! ». Si l’on est bon, c’est grâce à soi-même, si nos performances sont mauvaises, il en va de même. Et cette rêgle, on la retrouve également dans le monde du chômage: S’il ne trouve pas d’emplois, c’est que quelque chose ne va pas chez cette personne. Avec le temps, on a de plus en plus de mal à affronter les proches qui à juste titre s’enquiert de savoir si l’on a enfin trouvé la position méritée, mais au-delà de cette saine curiosité, il y a souvent un sentiment d’être à l’écart d’un système ne reposant que sur le fait de travailler dans sa vie. Et l’on se sent dès lors bien seul.

C’est ça, pour moi, la solitude du chercheur d’emploi.

Auteur : Aguolo

啊国, アグオロ, Aguolo, Goss'Bô,... Tel est le nom du maître des lieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*