Final Fantasy XIII, acheté, joué, fini, critiqué…

Faire un blog sur Final Fantasy XIII une semaine après sa sortie, ça fait un peu cheap… Mais j’assume et je vais lâaaaaaacher dignement ma bile (ou pas ?) sur le dernier made in Square-Enix.

Ca fait un bien long bout de temps que je suis l’actu sur le dernier Final Fantasy et c’est vrai qu’entre les premières images de 2006 et la sortie, on aura eu le temps d’entendre tout et son contraire sur ce qui devait relancer les ventes de PS3. Entre-temps, j’avais été quelque peu échaudé par les premiers retours de la version japonaise. Je reviendrais dessus plus tard.

Acheté…

Le geek que je suis donc, fan de la première heure (je conserve précieusement mes version jap et fr sur PS1), avait donc eu la malheureuse idée d’aller sur les Champs-Elysées le soir du 8 mars pour la soirée de lancement de cette 13ème itération et étant d’une nature optimiste, je me disais qu’en arrivant à 21h30 (le lancement était prévu pour 22h), j’aurais ma petite édition collector, quelques goodies et les signatures des producteurs/réalisateurs qui vont bien. Monumentale erreur. Arrivant par le coté Arc de Triomphe, je ne voyais pas que de l’autre coté, une queue s’étendait jusqu’au prochain croisement de rue. Pour l’ambiance, on repassera, un sculpteur sur glace, des jongleurs et des TVs montrant quelques people has been pris de passion pour FF. A 22h, ça démarre et on se décide à rejoindre la longue queue qui nous sépare du Saint-Graal. Et le temps passe… passe… lentement. Dans mon plus grand malheurs, des djeunz imbibés de vodka sont au même niveau  et l’un d’entre-eux se soulage dans sa bouteille. Charmant.

22h40, la rumeur gronde : FF13 Collector pour PS3 n’est plus dispo. Ce que notre entrée à 23h30 confirmera. Je me vengerai sur l’OST et le guide auquel s’ajoutera en goodies quelques visuels imprimés et tenterai mon coup le jour suivant sur internet pour la version collector.

Minuit, on remonte vers le RER. Déçu par cette maudite FNAC infoutue d’avoir du stock et de proposer une séance dédicace dépassant la 1/2h. Je ne parle même pas de la mini-expo organisée à l’occasion. Pitoyable.

On ne m’y reprendra pas.
J’en profite pour m’excuser auprès de madame que j’ai eu la mauvaise idée, après certes un très bon resto indien, d’emmener dans cette mascarade de lancement.

Résultat des courses, le 9, je commande sur internet et le 12 reçoit ma version collector qui, entre-temps, a vu son prix flambé sur les ebay et autres Priceminister et je croise les doigts pour qu’elle me fasse rêvée pendant au moins 60h. Et c’est donc plein de confiance que je balance la galette dans le monolythe noir.

Linéaire qu'ils disaient...

… Joué…

Le logo apparait, la séquence d’intro se lance, un peu spoil et je lance une « nouvelle partie » et tout de suite, on en prend plein la tronche. On nous refait le coup du train (hommage à FF7 ?) et puis ça balance à tout va et dans le genre séquence d’exposition, c’est clairement efficace et la HD fait merveille. Le jeu télécharge très très peu et l’expérience est sans temps d’attente et on se retrouve rapidement aux commandes d’une Lightning (l’héroïne aux cheveux roses) en duo avec Sazh, un black dont l’afro fait office de nid à un toutitromignon chocobo. On commence les 1ers fights qui, a priori, ont regressé par rapport à un FF12 où les combats étaient intégrés au décors directement, sans coupure aucune, et où l’on avait la liberté de se déplacer. Là, pas de ça, on revient à du classique « champs de bataille » en tout par tour type ATB (Active Time Battle). J’accroche moyen même si plus tard, l’apparition du système de changement de stratégie (une stratégie = une combinaison de rôle attaquant/ravageur/defenseur/saboteur/soigneur/tacticien) fait comprendre qu’un tel choix s’imposait. Il n’en demeure pas moins qu’à mon goût, le micro-management à la FF12 avait quand même plus de profondeurs, et demandait plus d’implication. Là, avec FF13, comme j’ai pu le lire ailleurs, on est plutôt l’entraineur qui dit à son équipe quoi faire et tout est quasi automatique et on prendra garde à appuyer sur L1 au bon moment quand il faudra plutôt guérir, ou ravager (monter la jauge de choc), ou attaquer (bye bye les PV). La seule personnalisation dans ce domaine est que l’on a 6 slots pour définir 6 combinaisons (on aimerait parfois avoir plus) et il faut bien, surtout vers la fin, définir les rôles qu’on veut
En parlant d’équipe justement, les 3/4 du jeu se déroule en teams séparés et la jonction ne se fait qu’à la fin. Certes, ça sert le scénario (on appelle ça « story driven game ») mais c’est lourd. Et puis bon sang, on est au 21ème siècle sur des machines que même l’Iran n’a pas le droit d’avoir et il aurait été appréciable qu’enfin on puisse voir des fights où tout le monde est impliqué. Le système imposant seulement un nombre limitéde 3 combattants, alors que tout est déjà automatique, est vraiment arriéré voire totalement illogique (je me tourne les pouces pendant que mes compagnons crèvent les uns après les autres). Si seulement tout ce beau monde pouvait combattre en même temps, ça aurait de la gueule et sincérement, la ps3 peut gérer ça sans soucis. A la rigueur, un switch de personnage où l’on pourrait appeler l’équipe secondaire mais c’eut été trop demandé.
Tant qu’on est sur le gameplay, l’XP. Y en a pas, tout le monde grimpe pareil (même sans être dans l’équipe) et en gros, 1 combat = XXX PC (Marie-George Buffet à poil ? Non… les points de compétence). Avec ces PC, on se balade dans son sphérier (à la FFX, mais énormément simplifié) en choisissant lequel on monte selon les stratégies préféré. On reste raccord avec le reste : débilifiant même si au moins il permet quelques bonnes spécialisations de perso.
Pour en finir du gameplay, on passe à l’équipement. Pas grand chose à dire car pas grand chose de bien intéressant. En gros, on a un choix d’arme soit physique, soit manuel, et on la fait monter en EXP (sans combattre, juste en y adjoignant des composant genre… je monte mon boomerang avec de l’os épais). Ce qui revient, vu le prix des améliorations, à jouer du début à la fin avec la même arme que l’on booste au fur et à mesure. Ca pue et on perd un large pan de l’aspect recherche qui plaisait (Haaaa la Zodiac Spear…)
Pour les armures, c’est du kif et là, on est au moins raccord car avant, on pouvait porter une armure et afficher les mêmes fringues tout le long du jeu. Là, c’est nada, y a que dalle à part des bagues et autres amulettes et quelques fantaisies mais rien de bien transcendant.
Voilà pour ce qui est du gameplay ou tout est tourné pour que l’on passe le moins de temps dans les menus à personnaliser son perso. Il faut que ça pète et qu’il suffise de marteler le bouton « X » pour descendre un boss. Dans le genre, c’est réussi.

Sur l’aspect esthétique, là, y a rien à dire. l’univers est carrément design et bien foutu. :beer: à la HD qui brille de tout feu. On demeure toutefois un chouilla en-dessous du rendu d’un Uncharted 2 par exemple qui a placé vraiment très très haut la barre et puis on a encore des perso méga rigides qui continue à marcher contre les murs, qui ne perdent pas l’équilibre près du vide, et qui saute toujours d’un bon. A l’époque d’Uncharted et autres Assassin’s Creed, on serait en droit de voir quelques animations supplémentaires pour les personnages.
Pour le reste, pas de ralentissement, c’est superbe, ça bouge bien. De l’excellent boulot et y a pas à dire, Tetsuya Nomura a le chic pour nous sortir des persos bien typés et bien fashion.

Sur l’aspect musical, j’ai par contre à redire. Rendez-moi mon Uematsu !!! A part 2-3 thèmes comme « Saber’s Edge », le thème des boss ou « Terra Incognita », celui de l’arrivée sur Gran Pulse, la BO n’a pas grand chose d’extraordinaire à mon goût. Pour ce qui est des voix, ça colle mais j’aurais aimé une option VA/VJ, ce qui est absent et on s’en doutait vu qu’ils ont refait les synchros labiales pour la version english.

Sans transition, voici poindre le gros pavé sur ce qui fait qu’un FF est un FF : L’histoire, les quêtes annexes, la liberté, etc.

L’histoire… J’vais pas vous spoiler la gueule, on s’y accroche mais rien de vraiment très très transcendant et d’autres sites la raconteront mieux que moi mais en gros, il y a 2 mondes, Gran Pulse l’archaique et sauvage, et Cocoon la méga moderne. Puis il y a les Fal’Cie, des sortes de divinités bonnes à tout faire. Il y a les Fal’Cie gentilles de Cocoon qui, par exemple, font la bouffe, et les Fal’Cie méchantes de Gran Pulse qui cherche à foutre le dawa en se pointant ici ou là sur Cocoon et en contaminant d’une marque les humains, les faisant devenir L’Cie et en leur donnant, dit-on, pour mission, d’anéantir Cocoon. L’histoire commence alors qu’une Fal’Cie de Pulse est apparu sur Cocoon et que donc, pour éviter tout risque, le « Sanctum » (le gouvernement/dictateur local) déporte une partie de la population qui aurait été en contact avec la Fal’Cie pour éviter tout problème.
Là, on se dit chouette, des thèmes bien polémiques, la déportation, la sécurité. On a un FF qui va balancer à tout va dans les esprits des pauvres 16 ans et plus (gros foutage de gueule, à classer en 8+). Et bien nada, le début du jeu passé, on revient sur des thèmes un brin mystiques comme on en a souvent l’habitude avec les FF et là encore, on a manque le coche chez Square-Enix.
Ils se rendent pas compte qu’ils ont un médium qui va bouffer des millions d’heures de cerveau du monde entier. Ils pourraient pas faire un truc un peu plus dénonciateur ? Là, on reste sur du mou du genoux tout le long de l’histoire en tournant sans cesse autour de la destinée. :nobeer:

L’histoire mise à part, la quête et son déroulement.
Comme dit plus haut, le jeu qui se déroule en 13 chapitres se déroule selon la logique suivante : Une suite de niveaux à 2-3 persos qui sont séparés de l’autre partie du groupe et qui ne se retrouveront que vers le chapitre 9/10 où enfin, à une dizaine d’heures de la fin, on pourra « jouir » d’une plus grande liberté de groupe. Alors c’est sûr, ça permet de bien travailler l’histoire autour de chaque persos mais voilà, l’histoire n’est pas très passionnante en elle-même et l’artifice des séparations fait qu’une bonne partie du gameplay passe à la trappe. Moyen.
On reste sur la progression et on aborde le gros point polémique : la liberté. Première chose, comme dans FFX à l’époque (un de ceux que j’aime le moins), ici on a une carte en permanence (désactivable via « select ») qui nous dit où aller pour suivre la suite. Bye bye la recherche, bye bye les impasses, bye bye l’un tant soit peu de réflexion qui faisait que l’on s’impliquait dans un FF. Ici, tout est prémaché, tu suis les rails coco et tout se passera bien.
En parlant de rails, le level design du début à la fin est à l’avenant. De la ligne droite, du début à la fin. Ici, on ne se perd pas, pas de labyrinthe, pas de porte à prendre ou ne pas prendre, pas ou peu de maisons/bâtiments… Rien de tout cela, même pas une mappemonde, pas un vaisseau pour revenir là où on est passé. Nada !!! Et là je pleure. Moi qui adorait les FF pour la possibilité de revenir ici ou là et se perdre un peu le temps de rencontrer au détour d’une falaise un Ozma te liquidant en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Ici, rien de tout cela et tout le monde que l’on aura visité jusqu’au chapitre 11, on pourra faire une croix dessus. Visité une fois et voilà.
Les seules endroits où l’on pourra revenir seront Gran Pulse et sa gigantesque clairière et les parties linéaires des chapitres 12 (la Mine, la tour, Oerba) et 13 (Eden). Rien de bien transcendant et si l’on croise beaucoup de villes, elles ne sont que traverser car aucune interaction n’y est possible. Pas de magasin (on achète aux points de sauvegarde… logique), des PNJ qui ne font que chuchoter lorsque l’on passe à proximité. Tout un pan de ce qui faisait qu’un J-RPG était un J-RPG passe à la trappe. Le guide japonais « Ultima » révélera que cette absence est dû à la flemme de Square-Enix face à la charge de développer des villes en HD. Mouais… Sincérement, ça fait mal d’entendre ça quand on sort d’un Assassin’s Creed 2 où l’on a du Florence/Venise/etc… à profusion.
Pour se rattraper, Square-Enix nous invite à une sorte de Monster Hunt sans vrais enjeux ni vrais difficultés (genre pas de zones extrèmes à la « Phare de Ridorana » à traverser comme dans FF12) et sans grands efforts, je me rapproche de Vercingetorix (youtube) qui, dit-on, se bat en moins de 10mns là où il fallait des heures contre un Yazmat (qui avait carrément plus de gueule que Vercingetorix). Donc, zéro challenge aussi. : »'(
FFXIII, c’est l’expérience linéaire ultime et sans grande difficulté. Je vous invite d’ailleurs à essayer The Linear RPG. Excellent !!!

…Fini…

Le 18 au soir, après environ 45h, j’avais bouclé le jeu et si l’expérience aura été sympathique, revenir dessus prendra du temps car il n’y a rien à découvrir ou redécouvrir. Quand vous arrivez au chapitre 11, toutes les zones ont déjà été visité sans exception et à part vouloir se refaire les couloirs et les cinématiques, je ne vois pas grand chose à y faire et c’est là toute la déception de ce FF13 qui, même s’il est un « bon jeu », n’est pas au niveau d’excellence de ce à quoi Square nous avait habitué. Le jeu a déjà fait des millions de vente mais le prix au Japon s’est déjà effondré au bout de 2 mois donc à part l’automatisme d’achat des fans, pour la collection, il n’y a plus que les chiffres des nouveaux fans noobies qui, eux, auront apprécié d’avoir tout prémaché et de pouvoir suivre la flèche jaune sur le GPS. FF devrait un peu plus pomper la licence Dragon Quest dont le 8, dans le genre liberté de choses annexes à faire, était champion. Ceux d’autant plus qu’il n’y avait AUCUN rail ou mur invisible.

… Critiqué

Au final donc, quoi dire de ce FF13.
Que ma déception est grande. c’est beau, c’est bien foutu mais c’est comme beaucoup de top model : belle apparence mais vide dans le fond.
Alors de la cinématique magnifique, on en bouffe mais sincérement, plutôt que de dépenser des millions dans ces artifices que l’on croise tous les 2-3 combats, pourrions-nous pas avoir un retour vers un gameplay et une expérience plus profonde ? Ici, c’est essentiellement un film interactif et basta. Alors oui, ça va plaire au plus grand nombre, à la masse inculte de ce qui faisait l’essence d’un vrai, d’un bon j-rpg. Sakaguchi manque à Square, c’est sûre… Et il nous manque aussi.

Un 12/20 pour ce FFXIII donc. Passable et peut beaucoup mieux faire.

En apparté…

En moins de 2 semaines, le jeu a déjà prix quasiment 40% et le trouver en neuf à moins de 100€ pour la version PS3 collector est une gageure. Je ne parle même pas du guide, limité à 15000 exemplaires et cartonné, il a plus que doublé de prix. Réflexion pour les prochains FF, en précommander quelques-uns et les revendre après. Y a un business

Auteur : Aguolo

啊国, アグオロ, Aguolo, Goss'Bô,... Tel est le nom du maître des lieux.

2 réflexions sur « Final Fantasy XIII, acheté, joué, fini, critiqué… »

  1. bjr ! Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Moi je trouve que final fantasy XIII apporte une vague de faicheur à la série, qui se contentait jusqu’a maintenant de toujours la meme chose:(a l’instar de Dragon Quest) on arrive dans un village, on fait des achats dans les magasins puis on sors se foutre sur la gueule avec des monstres puis on va péter la gueule à un vilain méchant dans un donjon et ainsi de suite….
    Avec FFXIII Square Enix a voulu cassé l’archétique du jeu de role pour nous offirir une nouvelle expérience de jeu !
    Ce n’est pas finie ! J’en marre qu’à chaque sortie d’un final fantasy tout le monde parle des anciens jeux ff pour nous dire qu’un tel était mieux que ci, un tel mieux que ça !!! Mais vous oublié que chaque final fantasy est une nouvelle expérience qui n’a rien a voir avec le précédent ff et qu’on ne peut donc pas comparer !

  2. Bonjour Mardara4… Sincérement, je ne fais pas exprès dans ma critique de FF13 d’être dans la mouvance du « c’était mieux avant »… Mais pour être un vieux de la vieille du RPG depuis les tous premiers zelda en cartouche sur NES 8bits, je commence à avoir une petite connaissance de ce qui a pu se faire jusqu’à aujourd’hui et sincérement, je n’ai pas pris autant mon pieds avec FF13 qu’avec d’autres RPG (FF, Zelda, Mana, Xeno…).
    Ce que je trouve regrettable avec ce DD13, c’est que
    1/ La liberté est archi restreinte. Pas moyen de revenir en arrière, peu de recherches, rien en quête annexe de bien convaincant… Tout ce qui fait entre autre l’essence d’un JRPG.
    donc… 2/ Rejouabilité très limité. En un passage, on a à peu près tout découvert et à part faire toutes les chasses, il n’y a plus grand chose à explorer.

    Au moins dans un DQ, un zelda ou même en ce moment un Demon’s Souls, quand je sors d’un village, je vais ou je veux, je fais ce que je veux, comme je veux… Alors certes, étant moins dirigé, c’est plus difficile pour « raconter une histoire » comme dans FF13, mais au moins, je me plonge plus dans mon perso et c’est je pense ce qu’il y a de plus important dans un RPG.

    Alors c’est certain, depuis un certain temps déjà, les FF n’était plus des modèles du genre pour ce qui est de la liberté, mais je crois qu’avec FF13, Square a poussé un peu trop loin le coté « je suis sur un rail ».

    Voilà, c’est mon opinion et je pense qu’elle se tient aussi.

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