Japon, Tsunami et autres Tchernobileries (1)

Ce n’est que deux bonnes semaines après le « cataclysme », « l’apocalypse », la « catastrophe »… japonaise, que je me décide à prendre mon clavier pour laisser à jamais sur la toile quelques considérations futiles sur les événements qui auront occupés l’essentiel de l’actualité de ce mois de mars de funeste mémoire.

Je ne vais pas trop bavarder sur la nature des événements ayant suivi le 東北地方太平洋沖地震 (Tōhoku Chihō Taiheiyō-oki Jishin, Séïsme de la Côte Pacifique du Tōhoku), des pages entières, des milliers de photos et des heures de vidéos à ce sujet peuplent la toile.
L’intérêt de n’écrire que deux semaines après les événements est un exercice périlleux. Certes, on a plus de données en mains pour en parler sur des bases solides, mais en même temps, on peut passer pour la girouette donneuse de leçons qui retourne sa veste en fonction de l’évolution de la tragédie.

Alors oui, tout d’abord, on ne peut ressentir que la plus profonde des tristesses pour celles et ceux qui ont péri du Tsunami et de ses conséquences. Et comme me le redisait ma chère et tendre, finalement, on n’est bien peu de choses et quand on voit que du jour au lendemain, toute une vie peut disparaitre, certaines priorités de vie sont alors à remettre en perspective. Une vidéo amateur assez récente témoigne à nouveau de la violence aveugle du Tsunami. Edifiant… Choquant.

http://www.youtube.com/watch?v=_b-2iByqHVI

Au-delà de la violence de ce drame de la nature, on se pince devant l’ordre et le pacifisme de la réaction des japonaise qui, plutôt que de trouver un coupable à cela et de se complaire dans un catastrophisme bien de chez nous, se sont remis en ordre de marche pour sauver ce qui reste sauvable et remettre en marche le peu qui reste en état de fonctionner. Au contraire de la Nouvelle-Orléans, ce n’est pas la loi de la jungle qui reprend ses droits mais l’ordre bien connu d’une société respectant le bien d’autrui et la vie harmonieuse en groupe. Evidemment, tout ying a son yang et inversement et l’on s’étonne parfois de revoir certains repartir au boulot alors que deux jours auparavant, la majeure partie de ses collègues ont disparu. La société avant tout… Efficace, mais au prix d’un sacrifice de sa part d’individu. Si le « trop individualiste » caractérise trop l’occident, le « tout groupiste »peut parfois étonner dans la société nipponne.
Parallèlement, comme souvent après de tels événements, les apocalyptiques, et autres racistes entrent en action… Ca se passe de commentaire.


http://www.youtube.com/watch?v=sYVhRnwrVLI

A peine le Charybde du Tsunami passé, voilà que se présente le Scylla de la Centrale de Fukushima. Les français sont sensibles à l’odeur de l’Uranium et à peine les premières nouvelles tombent que les rentrées en france se multiplient. Si en plus on se fie essentiellement aux news diffusés avec zèle par les média français avec un certain catastrophisme, évidemment il y a de quoi prendre peur. Alors là, deux opinions se forment.
– La première, celles des nipponophiles/japonophiles pour qui « les rats quittent le navire les premiers » et pour qui la réaction de certains francais expatriés rentrant en france au plus vite n’est qu’une preuve de lacheté. Si je n’ai pas vécu les événements japonais, j’ai eu l’occasion en 2003 d’être en Chine lors que SARS « faisait des ravages » et que le moindre expatriés en Chine, de retour en France, était quasiment mis en quarantaine tel un pestiféré alors que sincérement, sur place, rien de bien méchant se produisait qui soit pire que ce que l’on a vu du temps de la vache folle ou de la grippe porcine. Alors oui, rentrer de suite au pays, ça fait un peu lâche et assez « chacun sa merde ».
– La deuxième opinion, elle, se tient aussi. Etre expatrié, c’est souvent aussi avoir de la famille restée en France, qui s’inquiète souvent plus que nécessaire au moindre événement. C’est souvent aussi être expatrié parce que votre boîte vous y a envoyé alors que vous n’avez aucune affinité japonaise qui ne vous incite au sacrifice de rester sur place. Et là, pour celui qui a le choix du pour et du contre, dans un pays moderne où les secours sont déjà organisés et où a priori on n’aura pas trop besoin du gaijin, et où la pénurie fait l’actu, et qu’on a le choix de prendre l’avion comme on veut, vaut-il mieux alors être prudent ? Ou rester sur place et prendre le risque que la situation s’empire ? Ca peut se discuter. Néanmoins, l’empressement et le zèle qu’on mis certain à quitter leur boulot dès les toutes premières nouvelles à quelque chose de choquant qui, à raison, doit heurter l’hôte nippon.

Voilà pour aujourd’hui. Demain, je lacherai quelques lignes sur le cas de Fukushima et de TEPCO.

Auteur : Aguolo

啊国, アグオロ, Aguolo, Goss'Bô,... Tel est le nom du maître des lieux.

4 réflexions sur « Japon, Tsunami et autres Tchernobileries (1) »

  1. Pour ce qui est de la deuxième vidéo, « apparemment » ça se un troll d’après ce qu’elle dit. Mais quand je vois sa vidéo « meaculpa » du genre « mouais t’façon vous avez pas d’humour, lol », franchement je pense pour elle que ça aurait mieux qu’elle soit sincère, elle serait juste passée pour une redneck de base. Là c’est encore pire, jamais j’ai autant souhaité à quelqu’un de se faire retrouver et se faire défoncer.

  2. Troll ou pas troll, vue la réaction du net face à cette vidéo, elle a due faire dans son froc et cherchée une justification. Que l’on y croit ou pas, c’est tout de même douteux.
    Ce qui me surprend quand même, c’est qu’ils ont l’air assez nombreux ceux qui se réjouissent de ce qui arrive aux japonais. Souvent parmi ceux qui ont un peu trop regardé « The Cove » et qui l’a voit dans le Tsunami une juste vengeance pour le sort réservé à Flipper ou aux baleines. quand on mélange tout.

  3. Oui j’ai entendu dire que sur shitbook c’était la « grande fête » côté américain… le « karma » pour Pearl Harbor…

    Pour revenir vite-fait sur le catastrophisme made-in-france, j’me connecte sur yahoo pour lire mes mails et je vois ça encore : « Japon : les photos de la catastrophe. Les images qui nous parviennent du Japon montrent l’ampleur du drame qui s’y joue. Diaporama poignant  »

    Bon outre le sensationnel, ce qui m’agace (et doit agacer les gens qui ont décidé de rester), c’est qu’on parle de « Drame du Japon » etc. Certes, le japon est en deuil, pas de doute. Mais je comprend pas pourquoi on parle pas de « Drame de Sendai » ou « Drame de Fukushima ». Trop dur à prononcer ? Pas assez vendeur ? En tout cas je trouverai ça un tout petit peu plus respectueux de citer les gens qui souffre VRAIMENT, plutôt que de faire croire que c’est tout le japon qui est en ruine. Je me répète, mais à part la pénurie en énergie (ou plutôt ‘self-restraint’) et essence qui entraine des retards de livraisons dans les magasins, à Tokyo on souffre surtout de l’arrêt de diffusion de Madoka (bon évidemment j’exagère mais bref ça va, je parle même pas du Kansai où on a rien senti du début à la fin).

    Pour Katrina, on a bel et bien parlé d’un « Drame de la Nouvelle-Orléans » sans faire croire au gens que c’était tous les states qui étaient en ruines. Mais ça forcement, quand ça concerne un pays du tier monde comme le japon (bah oui, ils sont pas blanc ces gens là donc forcement des crèves-la-faim), c’est blanc bonnet et bonnet blanc

  4. Ouaip… mais pour les médias, Japon, c’est plus parlant que Sendai, mais bon je te rassure, tout le monde connait Fukushima maintenant. Pour la Nouvelle-Orléans, ça doit être plus parlant, c’est pour ça qu’on élargit moins.
    Mais bon, dans le genre, souviens-toi de « la France et Paris en feu » des médias étrangers, lors des échauffourés du 9-3, alors que sur la capitale, c’était le calme plat.

    Et pour élargir le débat sur les préjugés, je répète à mes amis japonais et chinois, non le France n’est pas que Paris romantique, la provence, le vin et la baguette. le Japon n’est pas que le pays des anime et les US, celui des rednecks et bouffeurs d’hamburgers.

    Les médias ont besoin de créer des idées générales, au risque d’y aller au préjugés. Faut vivre avec, le monde est ainsi fait. le plus important étant d’en être un tantinet conscient.

    Sinon, un article qui fait sourire sur « les rats qui ont quitté le navire » : http://www.lefigaro.fr/international/2011/04/03/01003-20110403ARTFIG00255-au-japon-l-image-de-la-france-se-retablit.php Bien que dans la veine de ce que publie le Figaro, grâce à notre très cher président, tout est rétabli. Enfin,j’ai comme un doute. Mais bon, a priori parmi les causes, le sacro-saint principe de précaution pour des entreprises françaises qui n’ont pas voulu surtout se retrouver dans le futur avec des procès pour non-assistance à expatriés irradiés.
    Sincérement, pour ne pas avoir été sur place, j’ai dit et redis encore qu’il m’est difficile si ce n’est impossible de juger ceux qui sont rentrés précipitemment. C’est à quitte ou double : Si la centrale pète, tout est contaminé, les avions sont blindés et c’est la panique, on leur dirait qu’ils ont eu raison de prendre les devants. Si tout s’arrange, ils sont considérés comme lâche. Pas si simple.

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