« Votre profil est surdimensionné, Monsieur. Aurevoir… »

Les jours passent et se ressemblent…

.. et dans la foulée d’un post précédent, voici les dernières fantaisies des RH.

En effet, ça devient vraiment extrêmement compliqué de même trouver un petit boulot pour payer le loyer car entre le Bac et le Bac+5, je n’ai pas de diplômes et pour des positions, même en CDD, destinées à Bac+2, on demande des diplômes pour prouver la chose.

On pourrait penser qu’à la rigueur les entreprises ou sociétés d’intérim se contreficheraient d’avoir un « surdiplômé » (j’aime pas ce mot) mais que nenni, au contraire, dixit « Homme-Pouvoir »:

« Notre client ne nous en a pas encore fait part mais nous pensons qu’à la fin des 2 mois de la mission, ils proposeront des CDI, or avec votre formation Monsieur, vous n’accepterez pas un tel CDI et cela nous désservirait ».

Qu’ils auraient voulu m’achever qu’ils n’auraient pu s’y prendre de meilleure manière.
Voilà !!! un CDD Bac+2 pouvant conduire à un CDI, l’agence ne veut prendre le risque d’un refus du candidat pour ce CDI et conséquemment se refuse à proposer des missions à des candidats à risque. Bienvenue dans le royaume du n’importe quoi. Même si cela semble sommes toutes logique, c’est dur à avaler car in fine, ça ne fait pas rentrer de l’argent dans le porte-monnaie.

Notre entreprise est trop modeste, Monsieur…

Nouvelle tendance en terme de recrutement. Attention accrochez vos ceintures !!! C’est parti pour un grand huit dans la psychologie des recruteurs.
Tout d’abord une précision. Ceci n’est pas le post d’une personne imbue d’elle-même qui sous un prétexte fallatieux se lancerait des fleurs. Non, un simple constat et une réflexion sur un mal qui gangrenne nos sociétés : l’inadéquation et le manque de flexibilité et d’ouverture d’un marché du travail sclérosé vis-à-vis de sa jeunesse.

Round 1: « Constat »
Durant ma tournée des boîtes d’intérim, cela s’est confirmé. Il faut de plus en plus être futé pour trouver du travail. Premier mal en France, comme au Japon aussi, la valeur du diplôme. Vous avez fait ce cursus, cette école, je vous prends !!! Beaucoup pensent que cela se fait d’un type d’étude à un autre, ce qui est vrai, un bac+5 aura plus de chance pour certains postes qu’un bac+2 mais bon, rien de méchamment illogique vous me direz. Mais là où cela se dégrade c’est quand le fossé de recrutement  se situe au sein même d’une même nature d’études. Prenez HEC/ESSEC/ESCP/EM Lyon, ils ont la fameuse appellation « Grandes Ecoles » et hélas, pour beaucoup de recruteurs recevant des centaines de CVs par jour (L’Oréal, LVMH, PPR…), ces quelques lettres deviennent le déterminant de l’élimination ou non du candidat. La lettre de motivation ne sera pas étudié plus que cela et en dépit des nombreuses lettres que j’ai pu envoyé par exemple à LVMH, une seule fois ai-je pu être reçu en entretien. ESC de province oblige. Donc à tous ceux qui pensent qu’un diplôme d’ESC suffit, je vous dis « oui, si vous avez intégré une école du quatuor de tête ». Pour le reste, il faut fighter.

Injustice ? Oui et non. Soyons réaliste. Pour n’importe quelle boîtes, le service RH est une pure perte d’argent et embaucher rapidement ainsi qu’efficacement est le mot d’ordre. Hélas, quand on sait qu’être élèves à HEC ou ESSEC dépend nécessairement d’un concours d’entrée passé il y a 4-5 ans où les élèves en majorité de lycées parisiens sont fortement avantagés par des études et des boites à concours largement financées par papa et maman, on se rendra compte rapidement que cette discrimination compétitive n’est pas très « fair-play ». Au sein d’une école, beaucoup de choses changent. Donc oui, hélas et milles fois hélas, le diplôme fait encore tout en France.

Round 2: « L’hallucination »
Maintenant supposé que comme moi, vous venez d’une ESC plutôt convenablement jugée par les employeurs. Vous étiez un élève qui en voulait et vous êtes parti à l’étranger, avez eu multiples expériences plus intéressantes les unes que les autres et voilà, vous rentrez en France, vous souhaitez retrouver un travail, vous avez un parcours qui fait de vous un baroudeur capable sans doute de prendre des responsabilités mais bon… il faut bien manger !!! Et la « proprio », elle l’attend son chèque en fin de mois. Et donc en attendant le jour béni où une entreprise saura accueillir votre profil pour l’utiliser efficacement, vous souhaitez faire un p’tit boulot alimentaire. Et bien voilà, un nouveau mur se dresse contre vous.

« Monsieur, vous êtes trop qualifié, nous n’avons rien pour vous… »
« Mais, mais, mais, je ne cherche qu’un petit quelque chose temporaire… »
« Allez voir à l’agence cadre, à 200m d’ici… »

Et voilà, après les sous-diplômés, voici les sur-diplômés. Décidément dans notre chère France, on ne sait pas ce qu’on veut. que ce soit en intérim ou pour beaucoup de postes auxquels je postule, même avancé, mon profil « international », comme ils disent, fait que leur entreprise « n’est pas digne » de me recevoir.

Mais que veulent-ils à la fin ??? Je comprends, et c’est là un ardent désir, la volonté de beaucoup de « baroudeurs » de vouloir monter leur propre projet et c’est réellement quelque chose qui me tient à coeur. Je ne veux plus dépendre des désiderata et des tracasseries RH qui me bousillent la vie. Comme disait l’autre: « je veux travailler, je veux pouvoir payer des taxes ». A l’heure où beaucoup d’employés font la guerre au gouvernement pour les 35h, les chômeurs sont là, spectateurs d’un show qui non seulement condamne la rentabilité des entreprises françaises tout en narguant une population au chômage qui elle serait prête, pour beaucoup d’entre nous, à travailler le double.