Lectures Récentes #03 – Mars 2010

Un très grand cru que ce mois de mars et son Salon du Livre 2010. Petit retour sur l’événement et sur la sélection du mois.

Le Salon du Livre 2010… Mon premier salon du livre. A vrai dire, moi et ma moitié faisons preuve d’un grand amour pour ces pages reliées qui peuplent nos étagères. Et c’est avec surprise que nous constations le fait que nous ne nous étions jamais rendu à ce haut lieu où se rencontrent toutes les cultures. La chose est désormais corrigée.


Un salon où on croise des stars !!! On se croirait à la télé, mon coeur en est encore tout frétillant !!!

Eric Zemmour

Le livre « La Véritable Histoire d’Ah Q » m’avait intrigué. Bonne nouvelle, le stand de l’éditeur était là…

La Véritable Histoire d'Ah Q (阿Q正传) de Lu Xun (鲁迅)...
... dédicacé par l'illustrateur de la VF, Jean-Michel Charpentier

Etait présent également à coté du secteur Manga, le stand Xiao Pan où Ji Di finissait sa journée de dédicaces. Madame n’ayant pas son My Way n°3, l’occasion était trop belle.

Et un 3ème volume dédicacé de My Way, pour madame, par la talentueuse dessinatrice chinoise Ji Di

Non… JE n’ai pas décidé d’acheter ces pièges à touristes littéraires que sont ces mini-livres

cékromeugnon tousipitilivretoupititousimpa !!!!

Books… Une revue dédiée à « l’actualité par les livres du monde ». Très sympathique et avec un commercial assez talentueux pour m’en faire signer un abonnement sur place.

Hmmmm Mystère... Encore un mag sur la Chine...

Au final, un salon plus que très sympathique qui était l’occasion de découvrir de tout petits éditeurs que l’on a pas l’occasion de croiser. On dit le salon en danger, ce serait dommage.
Une seule chose, le manque d’éditeurs et de pays étrangers au contraire d’autres salons (automobiles, etc.). La Chine en l’occurence avait un stand triste de 3x3m… Pas très engageant.

On quitte le Salon du Livre pour ma sélection de lectures du moment…

Mars 2010

– Javascript et Ajax pour les Nuls (Andy Harris) : Comme tous les « Pour les Nuls », c’est très didactiques. Ca commence par une bonne moitié dédiée à Javascript depuis les fondamentaux les plus basiques jusqu’à quelques exemples d’animation. Puis on passe à ce qui m’intéresse un peu plus, Ajax et ses différentes applications via JQuery, entre autre. Pas indispensable mais bien foutu quand même, surtout pour les débutants.
– Tête la Première Ajax (Brett McLaughlin) : Du O’Reilly, donc du très bon. Après la série des « Hacks », j’ai décidé de jeter un oeil sur les « Heads On » et c’est sans regret si ce n’est une structure assez désordonné, en ligne avec le ton général du bouquin, très casual. RECOMMANDE.
– Javascript, La référence (David Flanagan) : Le rhino sur la couverture souligne à merveille le caractère massif de ces quelques 1000 pages constituant ce « Définitive guide ». La bible du javascript, chez O’Reilly, évidemment.
– La rentabilité avant la Part de Marché (H. Simon, F.F. Bilstein, F. Luby) : Un bouquin pour le boulot abordant sous un angle bien trop rare une problématique de plus en plus récurrente. Je n’ai pas encore d’avis définitif sur ce bouquin qui ne se lit pas d’une traite mais les premiers chapitres sont des plus intéressants pour qui s’intéresse à la question.
– L’Univers des Mangas (Thierry Groensteen) : Mon gros coup de coeur nostalgique du jour. Une larme tombe dans l’espresso que je sirote à l’écriture de ces lignes et à l’évocation de cet ouvrage.
Le bouquin a été publié en 1991 et donc n’est plus vraiment de première fraicheur et à 11€40 en occasion, le chaland n’y accorderait que peu d’importance. Mais pour le déjà trentenaire que je suis, c’est avec nostalgie que je me souviens feuilleté ce livre durant mes années collège où, pour la toute première fois en France, on abordait de manière exhaustive le monde des mangas, ses styles, ses auteurs… etc… Haaaaaaa, la page 18 et sa magnifique reproduction d’une couverture couleur d’un Jump, et les pages 38 et 40 ou s’entremêlent quelques cases de mangas d’horreur et où l’on croise un jeune homme retire l’oeil d’une jeune fille à l’aide de sa langue, ainsi qu’un individu coupant au ciseau la joue d’une autre jeune fille. Sans concession. Les images m’avaient marquées à l’époque mais le bouquin était trop cher pour l’enfant que j’étais.
– Short Program 1 (Mitsuru Adachi) : C’est pas tout jeune non plus et je me souvenais surtout de la première édition Tonkam. Celle-ci est imprimé sur un papier de très bonne qualité et l’impression y est magnifique (des noirs bien bien noirs). Le receuil réunit une série de one-shots des années 1980 où Adachi faisait déjà preuve d’un magnifique talent de conteur.
– Misery Loves Comedy (Ivan Brunetti) : Attention, à ne pas mettre entre toutes les mains. Je suis tombé dessus par hasard, attiré par le format original et une couverture magnifique d’un rouge sang finalement assez en ligne avec le contenu de ce comics américain (peut-on vraiment parler de comics dans ce cas ?). Misery Loves Comedy réunit les trois premiers volumes de la série Schizo ainsi que quelques oeuvres de l’auteur. L’introduction est produite par son psy, le reste est à l’avenant. Brunetti s’y dépeint de manière autobiographique tel un névrosé ayant la haine la plus haineuse du monde. On y croise des strips de 4 cases aux titres poétiques : « Mon anus est en sang », « Pardon pour la sodomie fiston », « Son vagin avait des dents », « Un toutou néo-nazi », « du barbelé dans ma bite », etc… se mélant à des historiettes du genre où Brunetti évoque ses amis pour qui il a « élaboré des scénarios de torture pour chacun d’entre eux ». Mon coup de coeur à ses pages dédiées à « Si j’étais dictateur du monde ». Magnifique et donc TOTALEMENT INDISPENSABLE même si totalement et morbidement pessimiste.

– Une Election Américaine (Loo Hui Phang & Philippe Dupuy) : Sympathique découverte reçu gratuitement avec l’abonnement situé plus haut. On est aux US, à Tucson, ilôt démocrate dans un état républicain. Ce que je pourrais qualifier de carnet de voyages donne un visage détaillé de l’état de l’Amérique, divisée entre les pro et les anti-Bush. Un très beau travail, surtout dans le fond.
– Le Lotus Bleu (Hergé) + Le Lotus Bleu décrypté (Patrick Mérand & Li Xiaohan) : C’est à l’occasion du Salon du Livre que nous avons découvert le sympathique auteur (pas Hergé) et que nous avons eu l’opportunité d’une discussion sur l’art et la manière dont Hergé a conçu l’almbum de Tintin, Le Lotus Bleu sans même aller en Chine. Très intéressant.
– My Way 3 (Ji Di) : J’aime le style, mais j’ai pas encore lu. Mais le style, des plus oniriques, est très bon et l’auteur est plutôt sympathique.
– La Véritable Histoire d’Ah Q (阿Q正传) de Lu Xun (Lu Xun 鲁迅, illustré par Jean-Michel Charpentier) : C’est ma femme qui m’a expliqué que cette oeuvre était majeure dans la littérature chinoise et qu’afin de mieux comprendre l’Empire du Milieu, une lecture du roman était indispensable. Ah Q est un paysan un peu stupide et surtout doté d’un sens bizarre de la défaite. Même vaincu, il se convainc qu’il est le vainqueur. Métaphore d’un peuple chinois incapable de se remettre en cause et faisant fort de conserver les apparences sauves.

Voilà, un gros post pour quelques titres qui valaient le détour…

Lectures Récentes #01

Il y a 2 mois, j’effleurais le sujet de mes pérégrinations quasi-hebdomadaires durant lesquelles ma CB se faisait violer par Messieurs Joseph, Jeune et Boulinier…

…et ma chère et tendre ayant été la première à se lancer dans la photo de ces tas de culture, il n’en fallait pas plus pour que je grave sur le marbre le fruit de mes pêches miraculeuses.
Une chose avant de démarrer : Non, je ne suis pas Crésus et 99% de ce qui est acheté l’est d’occasion tout en prenant soin de prendre du quasi neuf (j’suis un vrai maniaque).
Une deuxième chose : J’achète beaucoup de volume 1 tout en gardant à l’esprit que je ne donnerai pas suite. C’est pour au moins me garder cultivé et pour m’imprégner un peu de la technique de tous.
Petit retour sur septembre/novembre et critiques en rêgle.

Septembre 2009

Saine Lecture - 09/2009
Saine Lecture - 09/2009

– Notes 3 – La Viande, c’est le Force (Boulet) : Tout simplement excellent, aussi indispensable que la lecture quotidienne du blog de Boulet. Et puis au moins, il y a un petit travail de réadaptation et une qualité d’impression qui ne fait pas travail baclé simplement pour remplir les fouilles de l’éditeur. PS : Pas le choix, j’ai dû l’acheter en neuf. Trop récent et il le mérite bien. Continuer la lecture de « Lectures Récentes #01 »

Bouffeur de bouquins

Quand le week-end arrive, ma carte bleue veut se faire la malle… L’explication tient en 11 lettres

S.A.I.N.T-M.I.C.H.E.L !!!

Pour les non-parisiens, ça ne dira pas grand chose mais pour les autres, Saint-Michel, c’est tout d’abord la Sorbonne, Louis le Grand, Mai 68, etc… et c’est aussi le coin à bouquin de Panam où avec la plus ardente des ferveurs, je suis mon chemin de croix de bédéphile.

Ci-dessous mon parcours le plus habituel. Alors non, je ne suis pas un vieux. J’optimise simplement…

Parcours dans Saint-Michel

Alors les bons coins à ne pas rater… 5mns après la sortie du RER Saint-Michel : 
– La rue Dante : avec les premières librairies « Album » donc celle dédiée désormais aux « Manga/Japanime » avec des tarifs au rabais (pas mal de bonnes affaires mais peu achalandé) puis Album Vidéo et ses blu-ray d’occaz. On remonte un peu et on tombe sur l’ancien « Aaapoum Bapoum », une petite case où l’on trouve pas mal de rareté/collectors à des prix cassés. Sympa aussi pour s’y acheter des collec de manga. Suit le premier coin pour les afficionados de Comics : « Pulp’s » et sa vitrine à statuettes. Superbe. Allez on remonte la rue Dante jusqu’au gros carrefour du bonheur entre la rue Dante et les boulevards Saint-Jacques et Saint-Germain. Deux gros endroits stratégiques à ne pas manquer : La librairie « Album » spéciale comics (et un peu manga) et l’autre librairie « Album » dédié à la BD franco-belge, aux éditeurs indépendants et aux manga. Beaucoup de produits dérivés qui font mal au porte-monnaie. Indispensable. Une fois ces 2 temples passés, on reprend le boulevard Saint-Germain jusqu’à croiser le Boulevard Saint-Michel?
– Boulevard Saint-Michel : 2 adresses indispensables, Gibert Joseph et Boulinier. J’ai une préférence pour gibert Joseph, ses prix bien cassés et sa grande disponibilité en bouquin d’occaz. Un très gros rayon Manga et plusieurs étages pour assouvir les soifs les plus inextingibles en littérature de tous bords. Boulinier lui est surtout le champion des heures d’ouverture. Ouvert tous les jours jusqu’à environ minuit. Classe.
– Enfin, pour clore mon tour, un dernier passage rue Serpent, juste à coté de Boulinier où « Aaapoum Bapoum » a le bon goût de disposer d’une bien plus grande boutique aux prix encore plus cassés qu’ailleurs et où les raretés sont foisons.

Voilà pour la petite présentation.

Concernant la moisson de ce samedi, du sympathique : Les Notes 3 (Boulet), Journal d’une Dépression (Hideo Azuma), du Zblucops (histoire de compléter une collection, et j’aime bien ce que font Bill et Goby) et enfin la Rubrique Scientifique (car j’apprécie tout autant Boulet dont je conseille plus que vivement le blog bd)

20090905

Naoki Urasawa/Patrick Auwen – Monster… Inspirations troublantes

Sous le soleil magnifique de cet été de tous les records, je me décidais, très logiquement, à parcourir les rayons de mon supermarché local quand je tombe sur la tête de gondole du rayon bouquin et sur la couverture de « Monster » de Patrick Auwen et là j’accroche…

J’accroche car telle la madeleine pénétrant le palais d’un certain Marcel se remémorant alors son enfance à Combray, la petite pointe sur le T de « MonsTer » me rappela immanquablement un ancien compagnon de chevet dont je dévora avec vîle appétance les 18 tomes : le manga « Monster » de Dieu Naoki Urasawa, dont le premier volume parut au Japon il y a 15 ans.
Si seule l’excroissance sur le « T » semblait commune, j’aurais épargné à toi lecteur ce sujet, mais c’est en lisant le pitch de ce « Prix 2009 Maison de la Presse » que j’ai senti comme un léger malaise :

Pitch de « Monster » de Patrick Auwen :
« Je m’appelle Paul Becker. Je suis médecin. Je vis dans une petite ville, en Floride. J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime. Une existence ordinaire. Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable. Un patient l’a perdu pendant une consultation. Un homme étrange. Dangereux. Soudain, ce téléphone sonne. Et ma vie bascule. Complots. Meurtres. Disparitions. Toutes mes certitudes vont s’effondrer. Pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est très simple… Votre vie va basculer aussi. »(…)
S’enclenche alors un engrenage diabolique : sa femme Claire et son fils Billy disparaissent et Paul, trouvé en possession du portable, est soupçonné

Pitch de « Monster » d’Urasawa Naoki :
Par une nuit de 1986, une décision d’ordre éthique va conduire le docteur Kenzo TENMA à sauver la vie d’un enfant aux dépens de celle du maire de la ville. Comment pouvait-il savoir que son acte aurait de telles conséquences? Car l’enfant qu’il a sauvé, a grandi, et semble être le dénommé « Monster ».
L’histoire débute en Allemagne et démarre en 1986, à l’Eisler Memorial Hospital de Düsseldorf. Kenzô Tenma, le personnage principal, est un jeune neurochirurgien japonais à la compétence hors norme. Il est destiné à une brillante carrière et fiancé à Eva Heineman, la fille du directeur de l’hôpital. Pourtant, un jour il refuse de donner en priorité ses soins au maire de la ville et préfère opérer un garçon blessé d’une balle dans la tête, arrivé à l’hôpital avant le maire. La sœur jumelle du garçon, très choquée, est elle aussi hospitalisée ; leurs parents adoptifs viennent d’être assassinés sauvagement chez eux. Le garçon s’en sort, mais le maire, confié à un autre chirurgien, décède. Le Dr Tenma est alors rétrogradé par le directeur de l’hôpital, père d’Eva et celle-ci le quitte. Peu de temps après, le garçon et sa sœur disparaissent, suite aux meurtres mystérieux de trois hauts responsables — dont le directeur — de l’établissement.
Neuf ans plus tard, Tenma découvre l’auteur des meurtres : Johann, ce garçon de 10 ans qu’il avait sauvé semble être devenu un monstre semant la terreur autour de lui. C’est l’inspecteur Runge de la police criminelle — un homme rigide à tendance obsessionnelle — qui reprend en charge l’enquête après la police de province allemande ; il soupçonne évidemment Tenma, qui avait gagné le poste de chef de service de chirurgie suite aux décès de ses collègues. S’appuyant sur les faits plutôt que les rumeurs s’amplifiant autour de la personnalité du Dr Tenma, Runge le poursuit sans relâche, tandis que ce dernier est à la recherche de Johann, pour l’arrêter.

Quand même un peu troublant : Deux oeuvres dont le titre est « Monster » (titre assez peu répandu) traitant d’un docteur/médecin recevant un patient/blessé qui s’avère être en réalité un « Monster » responsables de meurtres. Notre héros docteur deviendra l’objet de soupçons. Et pour couronner le tout, deux typographies de titre assez similaires (voir ce-dessous).

 Monster - Bauwen/Urasawa - Analyse de la couverture

Troublant. D’autant plus qu’il n’est nulle part référence à un quelconque lien.
Alors bon, je ne vais pas parler de plagiat. Le livre traitant d’un criminel pédophile, le manga, d’un enfant criminel objet d’expérience en Allemagne de l’Est.  Mais bon, ça fleure tout de même l’inspiration non assumée et ça, c’est assez regrettable.