Marco-Polo #3 – Yiwu 义乌, le marché chinois

Quand on arrive en Chine la première fois, on se sent petit, tout petit. Quand on arrive à Yiwu, on se sent minuscule…

Yiwu (义乌, Yìwū), c’est LA ville-marché chinoise, le royaume du Made in China. si Shenzhen est spécialisé dans l’électronique, Yiwu est le royaume des produits courants allant des guirlandes de noël aux sac à mains en passant par les tuyaux, les punching-balls et cie. A Yiwu, tout s’achète et généralement à très bas prix et les contrefacons y font floresse. On dit de ce marché de commodité qu’il est le plus grand au monde et au regard de l’état de mes pieds en fin de journée, j’ai peu de peine à le croire.

A l’origine et lors de mes premières visites sur place, il y a quelques années, Yiwu avait déjà une certaine importance mais ne regroupait que de manière éparpillé des marchés aux produits de plutôt mauvaises qualité essentiellement destinés aux pays du Moyen-Orient et d’Afrique. C’est pourquoi encore aujourd’hui, Yiwu compte une grande communauté d’étrangers essentiellement africains et arabes ainsi qu’une sélection de très bons resto indiens/pakistanais/… Entre-temps, le Futian Market (义乌福田市场 Yiwu Futian Shichang) est arrivé et ses kilomètres de linéaires avec. Démarré début des années 2000, le marché formé de plusieurs blocs reliés par des passerelles et en constante construction, concentrant aujourd’hui quasiment l’ensemble des marchés d’Yiwu en un seul endroit. Futian est la destination du jour.

Futian est un marché de grossistes. Chaque boutique, qui mesure généralement entre 5 et 10m2, représente un fabricant. On y discute surtout de 多少 (combien ca coute ?) et de 几个 (en quelle quantité ?). Evidemment, on ne signera pas toujours sur place (bien qu’on peut y préparer sa livraison) mais c’est un premier contact permettant d’entrapercevoir la qualité des produits ainsi que le sérieux du fabricant. Evidemment, ça se fait à la mode chinoise, c’est à dire que les vendeur(se)s y gardent leur mômes, matent des séries chinoises ou jouent à WOW entre deux clients. On peut généralement avoir un échantillon, surtout si le vendeur subodore une transaction future. Au rayon des jouets, pas besoin de discussion, les échantillons sont librement disponibles à la vente, certainement par habitude des acheteurs de ramener à leurs gamins des jouets. Et en ce moment, le gros hit demeure l’hélicoptère à 5-6€ en petit modèle et 20€ en gros. On va encore en bouffer à Noël.

Avant de finir, une dernière chose. si l’anglais est un strict minimum, il va sans dire que le chinois est de mise pour une discussion efficace. c’est pourquoi on voit généralement tous les étrangers accompagnés d’un (généralement « une »… bizarre) traducteur/trice chinois(e) travaillant pour l’agence commercial chargé de faire le repérage des bons fournisseurs, le contrôle qualité, la mise en conteneur et l’envoi.

Pour donner une idée de l’envergure du monstre, voici l’entrée ouest du « District 1″…

Ci-dessus, la même entrée du District 1, en maquette…

Ci-dessus, la maquette, régulièrement mise à jour, representant le marché actuel. On peut apercevoir de bas en haut les districts 1, 2, 3 puis le tout dernier, l’énormissime  district 4.

Ci-dessus, une des allées du district 4 dont on percoit difficilement le fond. Chacun des 4 ou 5 étages comptent une trentaine d’allées en longeur sur l’équivalent en largeur. Voilà pourquoi, dixit un récent documentaire sur France2, à supposer que l’on reste 3 minutes par boutique, il faudrait une année pour tout visiter.

Une boutique typique.

Voilà pour Yiwu… J’en ai bouffé 3 jours de visite et croyez moi, c’est éprouvant. Au final, la visite d’un tel lieu est révélatrice sur une chose : les marges COLOSSALES que font les importateurs et distributeurs et il est facile de constater des rapports de 1 à 20 voire de 1 à 50 (surtout chez les jouets) entre les prix sur place et ceux chez nous.
Déconcertant.

Un petit achat sur place… ma main gauche s’en mord les doigts.

Marco Polo #2 – Fourmis chinoises et temps pluvieux

Ca bosse dur en Chine…

… et non, ce post n’est pas un hommage a Edith Cresson dont les japonais se souviennent bien.

Pour en revenir au sujet du post, j’ai voulu tester un peu les possibilites d’appliquer les fameux bokeh photographique a la video et auoi de mieux qu’une petite video maniere enthropologiste sur quelques fourmis filmees dans le cadre bucolique du village de Jiangzhai (蒋宅村)

A part ca, ce qui fait l’actualite en ce moment ici, ce sont les pluies torrentielles et les inondations. Ici, on est pas epargne.

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Marco Polo #1 – Paris-Lanxi 兰溪

Il est 8h11 du matin, trop de mal à dormir… chaleur et humidité… et un clavier QWERTY pour me pourrir la vie.

C’est ainsi que commence mon 1er post sur mes 3 prochaines semaines sino-japonaises manière Marco Polo.

Cette année, on a de la chance, KLM ouvre une ligne directe Amsterdam-Hangzhou (杭州), capitale Zhejiang (浙江 la region au sud de Shanghai) et pour en faire la promo, on paie un peu plus de 500€ là où pour Shanghai, il faut compter en ces temps d’expo universelle un bon 900€. Appréciable.

Dès le matin donc, petit vol de 50mns jusqu’à l’Aéroport de Schipol puis transit pour le long-courrier…

Schiphol… Voici un aéroport que j’aime bien. Enorme galerie marchande, des restos partout et surtout des articles à très très bons prix absents des misérables galeries de Charles de Gaulle. Note pour plus tard, ne jamais s’acheter du matos le week-end de départ et découvrir lors du transit qu’on pouvait l’acheter 20% moins cher :'(

Signe des temps, après les pubs chinoises durant la Coupe du Monde, les pubs chinoises dans les aéroports… et pas une pub japonaise…

Une collection de belles queues… d’avions

Le vol Pays-Bas/Chine aura été plaisant. Mes souvenirs de KLM n’étaient pas les meilleurs et l’expérience de long-courriers dans des vieux 747 avec une TV pour 3 ou 4 rangées sans choix du programme m’a quelques peu marquée. Là, on avait un sympathique 777 (pas encore au niveau de l’excellence d’un Emirate), avec le choix des programmes et les écrans à chaque fauteuil. La chance étant avec nous, on a eu un petit surclassement gratuit sur l’option à 100€ pour les fauteuils économiques de première rangées qui offrent plus de place pour les pattes. appréciable sur un vol supérieur à 10h.

On arrive à Hangzhou, il est 7h30 du mat… Ceci est un dialogue entre chinoises du sexe opposé :
– Femelles chinoises : « Copine (ma madame), ta monnaie de paysan se ramasse la gueule et en plus t’es dans le pays romantique des cosmétiques de marque à bon prix et en plus t’as une carte qui te donne 20%… tu nous ramène du matos en masse ? »
– Madame : « No soucy, je viens en avion, vous m’attendez à l’aéroport, on se pose au KFC et on s’y peinturlurera nos ongles au Chanel pendant que je vous filerai le matos et qu’on parlera de quelques superficialités et d’autres choses »
– Femelles chinoises : « Banco, copine, la meute t’attend »

J’ai profité de ce moment de superficialité pour en choper un bon cliché

Depuis Hangzhou, nous restait encore 2h de bus pour Lanxi (兰溪), la première étape de mes tribulations sino-japonaises, où  je crèche en ce moment chez la belle-famille. Le choc climatique est rude et passer des fraicheurs parisiennes à la lourdeur climatique ne se fait pas sans peine. Et puis outre la chaleur, le jet lag (le mal du changement d’heure), il y a aussi ce phénomène faisant qu’étant beaucoup plus bas en latitude, on a la nuit dès 17-18h et le jour dès 4h du mat. chaud…
Résultat des courses après ce long vol et cette violente acclimatation : quelques aller-retours aux gogues pour problèmes de digestion detraquée. A part ca, ca fait toujours du bien de revenir dans cette petite bourgade qu’est Lanxi… enfin… petite au sens chinois puisqu’elle compte tout de meme 660 000 habitants.

Le soir même, gros dîner… des crevettes de chat…

… Des beignets caramélisés de viande de chien… Non je rigole… Que du très très bon qui me manquait bien car il est un fait, les restos chinois en France… font manger de l’asiatique mais pas de l’authentique chinois. Et y a pas à dire, c’est pas mauvais.

Suit un autre plaisir typiquement chinois et qui a bien disparu de la France, sauf sur les cités balnéaires, le temps des vacances : le marché de nuit (夜市 Ye Shi), où l’on peut bouffer, marchander, jouer au Xiang Qi (象棋, les échecs chinois) ou encore se faire dire le futur en montrant ses mains. Petit note, étant en ce moment certainement le seul WaiGuoRen (外国人, étranger) de la ville, se balader = tous les yeux braqués sur vous et entendre à longueur de temps des « hé, regarde, un étranger ». Y a pas à dire, de ce point de vue là, l’Europe a un brin d’avance. Mais c’est marrant quand même.


Je ne pouvais décemment parler des marchés de nuit sans évoquer les sympathiques arabo-chinois du Xinjiang (新疆), venant de la région la plus à l’ouest de la chine où vivent les minorités musulmanes, maitresse dans l’art de vous cuire dans la rue à force charbon de délicieuses brochettes de viande épicées de mouton (羊肉串, Yang rou Chuan) à 0,10euros

Voilà, c’est tout pour le moment… et c’est déjà pas mal.

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Edit du 17/06/2010 : Pas mal de rajout pour compléter un sujet vite fait mal fait.