Il y a des jours comme ça où les coincidences et autres chances croisées sur la route font qu’enfin… un vieux vieux rêve se réalise.

Et ce vieux rêve, c’est la Cintiq. La fameuse tablette écran de Wacom qui est pour moi l’Himalaya de l’art digital. Pour rappel, ma première tablette, une Trust TB-4200, date d\’il y a presque 7 ans. Elle disposait d’un stylet à pile, était pas super précise, mais je pouvais déjà faire un semblant de gribouillage avec.
Puis est venue deux ans plus tard l’Intuos 3, ma première Wacom, qui m’aura accompagné jusqu’à hier encore.
Entre-temps, j’ai pu tester de la Cintiq, à Surcouf (Paix à son âme) ou chez un pote. Et que dire si ce n’est qu’à chaque rencontre, dans un remake de Wayne’s World, je n’avais à l’esprit qu’un jour… Elle serait mienne.

Et puis récemment, j’ai surveillé un peu le marché de l’occaz. Tout d’abord à la recherche d’une 21UX de 1ère génération (techno Intuos 3) que l’on peut croiser autour de 900-1000€. Et puis de fil en aiguille, j’ai zieuter la 21UX de 2ème génération puis la 22HD et puis par un heureux hasard de conséquences impromptues, je suis tombé sur une 24HD qui prenait la poussière chez son propriétaire.
Désormais, elle prendra la poussière chez moi.

1ère impression : C’est tellement plus confortable d’enfin pouvoir faire correspondre l’oeil et le tracé. Et puis la surface… Impressionnante. C’est une belle machine… Une très belle machine.
Au niveau des quelques appréhensions :
– La transportabilité : Quand j’ai été cherché la bestiole, le carton est à peine rentré dans la C3 et encore, il a fallu baisser du siège. Wacom protège bien sa bête. et avec ses 30kgs, elle est tout simplement ENORME !!! 17kgs pour le pied stabilisateur, le reste pour l’écran de 24 pouces qui en parait un 30.
– Appréhension du premier tracé : Je démarre SAI, le tracé est désespérant lent, ça lagge, etc… Nom de Zeus, on m’aurait menti !!! Non, c’est qu’en gros, faut surtout ne pas oublier de bien désinstaller ces drivers et de les réinstaller, sinon, on est bon pour des drivers qui plantent et une tablette asthmatique qui ne répond pas. Une fois tout bien réinstallé (comme indiqué dans le mode d’emploi que je n’avais pas lu), ça marche au doigt et à l’oeil.
– La texture de la surface : Adepte de l’Intuos 3, je suis adepte de la glisse et pas vraiment de cette texture rugueuse apparue avec l’Intuos 4  et depuis plus ou moins atténuée car globalement décriée et trop bouffeuse en mines. Qu’en est-il sur la 24HD ? Même sensation que sur l’Intuos 3, on peut mettre une mine qui accroche un peu, mais avec une mine bien plastique, ça glisse avec plaisir et je retrouve mes habitudes où la surface ne freine pas mon tracé.
– La parallaxe (le phénomène d’épaisseur et de distance entre la mine et le rendu sur l’écran) : Il est clair que sur une tablette, la déconnexion entre ce que l’on trace et ce que l’on voit fait qu’il n’y a aucune question de la sorte alors que sur une Cintiq, on s’attend à ce que le tracé apparaisse comme par magie pile sous la mine, comme sur un support traditionnel. Là, comme sur la 21UX de l’époque, il y a toujours cette distance qui, au tout début, déroute un peu. On se dit qu’on a foiré la calibration mais non, c’est quand même là. Et puis on trace, on dessine, on croquignole, on ébauche et on ne se rend plus compte de ces 1-2mm de différences.
– La réactivité : Au poil. Si on utilise le stabilisateur manière SAI, éveidemment, le trait à un retard venant de l’algorythme de rectification et d’uniformisation du tracé du programme. Mais toutes options décochées, le rendu est direct, pas de latence. On apprécie.
– L’ergonomie : La taille de l’engin rend difficile son mariage avec un clavier. Conséquence, bye-bye les raccourcis, va falloir bosser avec la Cintiq “alone”. Et là, elle s’en sort bien. Deux “touch rings” (un de chaque coté), possédant chacun 3 paramétrages selon utilisation et voilà. Sous SAI : Un zoom, une rotation et une taille d’outils et je suis tout bon. Un vrai plaisir. A vrai dire, la taille de l’appareil permet foison de boutons et donc de fonctions. A mon niveau en tout cas, il y a largement assez de boutons pour faire avec sans avoir à revenir au clavier. Et pour peu que l’on oublie où l’on a mappé quoi, une fonction permet d’afficher le tout.
– L’ergonomie (2) Position de travail et absence de rotation : Alors oui, la 24HD par sa mécanique a perdu la rotation. Ce qui parfois lui fait préféré la 22HD, plus proche du standard 21UX. Est-ce un mal ? Je n’ai pas encore assez de recul pour le dire et pour l’instant, la rotation logiciel fait son office. Par contre, en terme de positition de travail, comme on dirait au Loft ou dans un Secret Story, c’est que du bonheur :  A la verticale manière chevalet, où à la quasi horizontale, sur les genoux, avec possibilité de bien s’appuyer dessus (et là, on remercie le gros cadre autour de l’écran, magnifiquement pensé). C’est parfait. Mais là encore, je manque de référence et on verra avec le temps.
– La qualité de l’écran : Je lisais içi ou là une légére tendance au rouge et un léger flou dû au revêtement anti-reflet. C’est vrai. Pour l’instant, même en triturant les paramètres, je n’ai pas encore une image parfait avec un blanc blanc. J’attends le CD d’installation où un profil ICC de la 24HD (introuvable autrement) corrige la chose, mais en attendant, la dalle est un peu rouge. Il faut bien trouver des arguments pour vendre la version “Touch” plus de 1000€ plus cher avec sa fameuse dalle plus pro. Donc j’attends de voir. quant au léger floiu, c’est vrai aussi. C’est très peu visible, mais un écran normal à ses cotés trahi cette légère faiblesse.

Bilan : Difficile de trouver des mots. L’investissement pour une neuve n’est pas sans conséquence mais voilà, l’outils est incomparable. Pour ma part, au niveau d’un dessin, je sens beaucoup plus de facilité, de justesse et de rapidité (temps allégrement divisé par deux). Peu adepte de la colorisation en utilisation traditionnel (crayon, etc), avec la Cintiq, j’ai enfin l’expérience du rendu direct, sous ma mine, de l’application de tel ou tel couleur. C’est vraiment appréciable.
Pour le moment, ça fait à peine une petite dizaine d’heures que je fais joujou avec, mais elle m’inspire déjà pas mal pour lacher du lourd sur l’atelier et certainement quelques dessins en live.

A la prochaine 😉

PS : Pour la technique de cette première “oeuvre”, la cintiq 24HD en toute logique, et SAI.

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